Les gadgets que j'ai arrêté d'utiliser en moins d'un mois
Un bilan honnête de mes propres achats. Ce ne sont pas des produits défectueux — ils fonctionnent tous. Ils ne servaient simplement à rien dans ma vie.
Je note depuis deux ans la date à laquelle j'arrête réellement d'utiliser ce que j'achète. C'est un exercice désagréable et c'est devenu la partie la plus utile de mon travail.
Le motif qui revient
Presque tous les abandons partagent une caractéristique : l'appareil résolvait un problème que je n'avais pas, ou qu'une solution plus simple traitait déjà. Ce n'est pas une question de qualité — c'est une erreur d'évaluation du besoin, faite au moment où le produit est le plus séduisant, c'est-à-dire avant l'achat.
Un produit qu'on abandonne n'est presque jamais un mauvais produit. C'est un bon produit acheté pour une raison qui n'existait pas.
Les trois catégories qui échouent le plus souvent chez moi
- Ce qui demande un geste supplémentaire. Tout accessoire qu'il faut penser à prendre, à recharger ou à connecter avant usage finit par ne plus être pris. La friction gagne toujours, même minime.
- Ce qui remplace quelque chose qui marchait. Le produit doit être nettement meilleur, pas légèrement — sinon on revient à l'ancien par habitude, sans même le décider.
- Ce qui produit de la donnée sans décision derrière. Mesurer quelque chose est agréable une semaine. Si aucune action ne découle de la mesure, l'intérêt s'épuise.
Ce qui survit, à l'inverse
Les produits qui s'intègrent à un geste déjà existant, sans le modifier. Ils sont beaucoup moins spectaculaires à présenter, ce qui explique qu'on en parle peu : il n'y a rien à démontrer, l'appareil fait son travail sans qu'on y pense.
C'est aussi pour ça que les tests publiés à la sortie d'un produit sont structurellement trompeurs. À J+3, tout est enthousiasmant : on vient de l'installer, on l'utilise volontairement. Le vrai test est à J+90, quand plus personne n'écrit d'article.
La règle que je m'applique maintenant
Avant d'acheter, j'écris en une phrase le geste précis que l'appareil va remplacer ou supprimer dans ma journée. Si je n'y arrive pas, ou si la phrase commence par « ça pourrait servir à », je n'achète pas. Ça m'a fait rater quelques bonnes surprises. Ça m'a surtout évité beaucoup de tiroirs pleins.